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100 KILOS DE SENSIBILITÉ

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À l’échelle des rêves - Exposition à la galerie Chenus Longhi, Paris


Avec À l’échelle des rêves, AFAT (Maxime Perboire) signe sa première exposition à la galerie CHENUS LONGHI. Originaire de Toulouse, l’artiste s’affirme comme l’une des figures émergentes de la jeune scène française. Il peint à la bombe sur des toiles de lin brutes des personnages tracés d’un seul souffle, dans un style volontairement naïf renouant avec l’acte premier du dessin. Ses figures, « ni hommes ni femmes, ni enfants », se déclinent en peinture, dessin et sculpture autour d’un vocabulaire fondé sur le trait. L’exposition présente une série inédite de sculptures en bronze, ainsi qu’un ensemble de toiles et de dessins permettant d’appréhender l’univers sensible et poétique de l’artiste.

Depuis un peu plus d’un an, AFAT développe la sculpture en collaboration avec une fonderie historique toulousaine, donnant naissance à quinze sculptures miniatures articulées autour d’une pièce centrale. À travers ces œuvres, il explore les notions de rapport d’échelle, de création et de perception, en jouant sur le contraste entre miniature et monumental. Inspiré par des mythes et récits fondateurs, son travail interroge la relation entre l’artiste et ses créations, envisagées comme des formes autonomes capables d’exister au-delà de leur auteur.


AFAT, À l’échelle des rêves

Le travail d’AFAT s’inscrit dans une histoire de la ligne qui traverse la scène du street art français depuis plus de vingt ans. Une manière de dessiner qui vient de la rue, du geste rapide, et qui nous parle du rapport entre instinct et poésie. Chez lui, cet héritage ne se répète pas : il se transforme, se simplifie, et trouve une autre intensité. Nous avons rencontré AFAT au bon moment, après que son travail ait évolué de façon radicale, et qu’il ait trouvé une forme d’apaise- ment dans la recherche, quand les éléments qui composaient déjà son univers commençaient à s’articuler avec une clarté nouvelle. Ce qu’il y a de plus beau dans notre métier, c’est lorsque la rencontre avec un artiste émergent trouve immédiatement sa justesse, et que l’on pressent, presque instinctivement, la possibilité d’un parcours à écrire ensemble. On se fait souvent cette réflexion que chez les artistes, les clés du succès sont multiples. C’est un équilibre entre talent, force de travail et force du mental qui font à la manière des grands sportifs, les grands artistes. Et ce qui nous a frappés chez AFAT, ce n’est pas seulement ses figures ou sa technique, mais ce mental, cette volonté d’avancer. Preuve en est, la manière dont il parle de son travail : sans emphase, sans posture, avec une honnêteté rare. Il y a chez lui une rigueur tranquille et une générosité évidente, une façon de tenir son geste comme on tient une promesse. Cette continuité entre l’homme et l’artiste nous a immédiatement touchés. Et c’est probablement là aussi que se trouve l’évidence de cette collaboration. Dans son parcours, le graffiti n’est pas un simple point de départ : c’est un langage fondateur. L’aérosol, et sa technique de crachottis héritée entre autres des artistes sud-américains, adopté presque comme un outil de respiration, lui a offert une immédiateté du geste qui de- meure aujourd’hui au cœur de son vocabulaire. Mais ce qui distingue AFAT, c’est la volonté de trouver la justesse du trait plu- tôt que la profusion de la forme. Ses personnages apparaissent comme des silhouettes en suspension. Ils ouvrent un espace où chacun peut projeter un fragment de mémoire ou d’émotion. Leur simplicité n’est jamais naïveté : elle est la conséquence d’un long travail sur la recherche de l’essentiel où la ligne devient un lieu, un souffle, un territoire sensible. Elles rappellent ce que le des- sin d’enfant a de plus juste : la capacité de dire beaucoup avec presque rien et de faire exister une émotion.


Ses recherches en sculpture marquent également une étape décisive dans son parcours. Avec la fonderie Ilhat, près de Toulouse où il réside, AFAT in- troduit dans son univers un matériau qui impose un autre rapport au temps : le bronze. Un matériau ancien, dense, presque rituel. Dans la Collection Miniature présentée à la galerie CHENUS LONGHI, dans cette exposition et réalisée en collaboration avec Jacques Constans et la Urban Art Fondation, les silhouettes gagnent en volume ce qu’elles avaient en légèreté, sans rien perdre de leur fragilité. Ces sculptures résonnent avec une réflexion plus large sur la création : la manière dont une figure peut, une fois née, commencer à exister seule. On pense à Gepetto, à la légende de Pinocchio, à ce moment où le geste de l’artiste dépasse son intention et donne vie à quelque chose d’indépendant. Cette articulation entre peinture, dessin et sculpture révèle un moment de ma- turité dans le parcours d’AFAT. C’est un seuil, une étape où le geste se précise, où le vocabulaire se stabilise, où chaque figure semble faire partie d’un en- semble plus large en train de se construire. À l’échelle des rêves témoigne de ce moment charnière. C’est une exposition qui ne cherche pas à imposer, mais à laisser apparaître. Une manière, enfin, de comprendre comment un artiste venu de la rue peut trouver sa voix la plus juste dans un travail patient, retenu, presque silencieux. Ce qui nous touche dans cette exposition, c’est la manière dont AFAT articule les deux démarches — la peinture et la sculpture — autour d’une même question : qu’est-ce qui fait tenir un personnage ? Est-ce la ligne ? Le vide qui l’entoure ? Le geste qui le fait naître ? Dans un contexte où de nombreux artistes de la scène française revisitent le rapport au dessin, à l’ate- lier, à la narration intime, AFAT apporte une voix singulière, sans chercher ni la performance technique, ni l’effet. Ce que nous percevons aujourd’hui dans le travail d’AFAT, c’est une trajectoire qui se précise, un langage en construction, porté par une grande sincérité et une grande poésie. Nous avons hâte de voir où le mènera cette ligne qu’il trace avec une telle justesse.

Samantha Longhi & Nicolas Chenus
Co-directors of the CHENUS LONGHI gallery